Partir étudier en Roumanie : la peur de partir
- FMV Guide 2025
- 12 juil.
- 10 min de lecture
Pendant que tu préparais ton dossier, ou que tu accompagnais tes parents dans les démarches administratives, il y avait peut-être déjà une petite voix dans ta tête qui disait : « Attends… si je suis accepté (e)je vais vraiment partir vivre en Roumanie ? »
Je n’y suis jamais allé(e). C’est comment, là-bas ? Ils ont de bonnes infrastructures au moins ? Une bonne connexion Internet ? L’eau potable ? L’électricité?
L’angoisse. Et puis… je vais y aller SEUL(E), là-bas ? Oh mon Dieu. Jesus.Marie. Et mêmeJoseph tant que l’on y est.
Mes potes seront en France. Mes parents, ma famille, tout le monde est ici. Je ne connais pas ce pays, je ne connais pas les gens, je ne connais pas l’école… et là, tu es en train de me dire que je vais aller vivre là-bas pendant six ans ?
Annonce de ta montre : votre BPM a dépassé 180. Activation du mode sport.
Bon.Tu as compris le tableau. Pas besoin d’aller au musée pour le contempler celui-ci. Ce que je viens de décrire, ce sont de vraies réflexions que se sont faites des anciens étudiants (ancien 1A) avant de venir faire leurs études en Roumanie.
Parce que oui, c’est l’inconnu. Et oui, il faut une certaine dose de courage pour prendre ses affaires, quitter son pays, sa famille, ses amis, ses habitudes et commencer une nouvelle vie dans un endroit que l’on ne connaît parfois absolument pas.
Faut prendre son courage à trois mains, parce que deux, clairement là, c’est pas suffisant.
Cependant, jeune padawan, Tu n’as pas besoin de gérer six ans aujourd’hui (Alleluja !)
Mon premier conseil de cardiologue en herbe serait le suivant : n’essaie pas de résoudre mentalement les six prochaines années de ta vie avant même d’avoir posé tes valises. Tu vas vivre dans l’anxiete d’un futur hypothétique qui n’existe même pas. Les films dans ta tête, tu les gardes pour Bollywood ou Netflix. Occupe-toi de ce qu’il y a à faire maintenant.
Le dossier. L’inscription. Trouver un appartement. Acheter ton billet. Faire tes valises ( 2 x 23kg + supplement à l’aéroport on se connait). Prendre l’avion ou la voiture. Arriver. Et c’est tout. Une étape après l’autre.
Tu réfléchiras peut-être à tout ce que tu viens de vivre que plusieurs mois plus tard, peut-être quand tu rentreras pour la première fois en France en décembre. Ou à la fin de l’année, quand tu regarderas les centaines de photos accumulées dans ton téléphone en te demandant comment autant de choses ont pu se passer en seulement quelques mois.
Mais attends, comment ça, rentrer en decembre ? Alors oui, nous avons plusieurs semaines de vacances en décembre. Et je dis bien vacances car les examens ne sont que fin janvier ( après s’avancer dans ses revisions ne fera jamais de mal mais il n’y a pas de stress post vacance ). Tu pourras rentrer chez toi et célébrer pleinement les fêtes avec ta famille si tu le souhaites.( psst et en avril c’est pareil )
Donc non, tu ne disparais pas de la surface de la Terre pendant six ans. Même si, actuellement, ton cerveau essaie peut-être de te convaincre du contraire.
Neanmoins, faisons face à la réalité de vivre à l’étranger et rentrons dans le vif du sujet
De quoi ont principalement peur les étudiants avant de partir ?
Les peurs qui reviennent le plus chez les étudiants qui ont passé le cap sont souvent les mêmes :
La peur de partir loin de sa famille, de ne plus la voir au quotidien et de manquer des anniversaires ou des événements importants.
La peur de perdre son groupe de potes ou de ne plus vraiment en faire partie parce qu’on n’était pas là à la dernière soirée.
La peur de ne pas réussir à se faire de vrais amis ni à s’intégrer ici.
La peur de ne pas être capable de gérer les galères de la vie quotidienne seul(e). (MAMAN ! Je crois que j’ai cramé les pâtes et la casserole avec ! )
La peur de devoir parler anglais avec des inconnus.Et s’ils ne comprennent pas mon accent français ? Moi, je suis justement en section française parce que je ne sais pas aligner deux mots en anglais, comment je vais faire ?
La peur de tomber malade et de ne pas recevoir des soins de la même qualité qu’en France. Le : ça va coûter combien ? Est ce que les medecins sont compétents ici ? Et puis je sais à peine commander un café en anglais, tu veux vraiment que j’explique à un médecin où j’ai mal ?Eh bien, compte là-dessus mon pote.
La peur de ne pas avoir de bonnes notes et d’aller aux rattrapages. Mes parents ont payé 7 000 euros de frais de scolarité, ce n’est quand même pas pour que je rate mon année.
De ne pas être à la hauteur. L’arrivée typique du syndrome de l’imposteur.
Toutes ces peurs et toutes ces réflexions sont légitimes et compréhensibles.Tu perds tes repères et tu pars vivre à l’autre bout de l’Europe, dans un pays que tu n’as sûrement jamais visité et sur lequel tu as probablement entendu un certain nombre de clichés. Tu ne connais ni la langue, ni la culture, ni les gens, ni même les supermarchés.
Mais voilà la réelle problèmatique : quand on ne connaît pas quelque chose, notre cerveau remplit les espaces vides.Et il ne les remplit pas toujours avec des petits poneys et des arcs-en-ciel. Rainbow Dash est aux abonnés absents ( coeur sur toi si tu as la ref )
Je ne vais pas te mentir non plus : certaines de tes peurs vont se réaliser.Je ne vais pas être hypocrite et te dire que tout va être merveilleux et facile MAIS cela va aller. Tu n’es pas seul (e) et on est tous passé par là.
Et deja pour commencer,
Oui il y a internet, de l’eau potable et de l’electricté en Roumanie ET oui, tu vas manquer des soirées avec ton groupe de potes. Mais aussi participer à celle organiser par les assos étudiantes.
Oui, tu ne pourras peut-être pas être là pour certains anniversaires. Les appels en visio aident, même si évidemment, ce n’est pas pareil.
Oui, tu devras peut-être rentrer en urgence en France pour un événement familial difficile. Je ne te le souhaite pas, mais c’est déjà arrivé à certains étudiants.
Oui, tu auras peut-être de mauvaises notes parce que ta méthode de travail n’était pas adaptée ou parce que tu as sous-estimé le temps nécessaire pour apprendre une notion dans une langue qui n’est pas ta langue maternelle (même si tu l’avais déjà apprise en prépa)
Oui, tu vas probablement avoir des galères d’appartement. Une chasse d’eau qui ne fonctionne plus. Une machine à laver cassée.Le/la proprio qui fait la sourde oreille. Le chauffage qui décide de faire sa vie. Un insecte non identifié au milieu du salon à 23 h 47. Tout cela peut et/ou va t’arriver c’est vrai.
Et tu sais quoi, ces péripeties auraient aussi bien pu t’arriver autant qu’en France qu’ici. Le pays n’a rien à voir la dedans.
Parce que le changement, j’avoues, être rude au début, il est facile d’essayer de trouver un coupable externe à soi. Il faut du temps pour comprendre comment fonctionne le pays ( adminmistration de la fac,operateur telephone et internet, les produits du supermarches, le gout de l’eau du robinet et des legumes et pleins d autres..). Il faut du temps pour créer de nouvelles habitudes, rencontrer des gens, trouver ses endroits préférés, comprendre l’organisation du campus et des assos.
C’est une gymnastique mentale d’arrêter de comparer chaque petite chose avec la France.Tu es dans un nouveau pays, plus en France. L’adaptation ne se fait pas en trois jours. Et c’est normal. C’est un processus, une crysalide, pour faire de toi le plus beau des papillons véto.
Petit aparté avec une citation entendue pendant mon premier stage :
« Un vétérinaire qui n’a rien dans le ventre ne tient pas longtemps dans la profession. »
Horrible chose à dire à aux stagiaires. Mais, dans le fond, elle avait pas complètement tords.
Mais attends… Là je signe pour six ans non ?
Oui. Dit comme ça, six ans, c’est énorme.
Tu pourrais te dire : Mais comment je vais faire ? Six ans loin de tout le monde ?Six ans dans un autre pays ? Six ans de médecine vétérinaire ? C’est une éternité, la fin du monde.
Nouvelle notification de ta montre. Le retour de la tacchycardie.
Bon. OK. Respire. Bois un verre d’eau. Et continue de lire, jeune Padawan. Ca va aller.
Le problème, c’est que tu regardes probablement ces six années comme un énorme bloc. Alors qu’en réalité, tu ne vas jamais vivre « six ans » d’un seul coup.
Concentrons-nous déjà sur la première année. Si on la découpe, on obtient approximativement ceci:
Septembre/ Octobre : arrivé(e), installation, intégration, début des cours et découverte de ton appartement.
Novembre : premiers examens pratiques de mi-semestre, événements étudiants, workshops des associations et le bal de promo des premières années.
Et attention à l’examen des os en anatomie, les gars.
Début décembre : encore quelques semaines de cours et éventuellement des examens pratiques.
Fin décembre : vacances. Tu peux rentrer en France, si tu le souhaite.
Stop. Regarde, trois mois viennent déjà de s’écouler. Et il est fort possible que tu ne les aies même pas vus passer.
Ensuite pour la deuxieme partie de l’année, on a :
Janvier : examens pratiques de fin de semestre.
Février : révisions et examens de fin de semestre.
Mars : Debut du deuxieme semestre et reprise des cours, événements étudiants, conférences et possibilités de participer aux activités organisées par les associations étudiantes à travers la Roumanie ( Cluj, Bucarest, Iaşi). C’est le moment de voyager un peu là.
Avril : vacances de Pâques pendant lesquelles tu peux éventuellement rentrer en France, puis examens pratiques de mi-semestre.
Mai : cours et, peut-être, début de la recherche d’un nouvel appartement si tu as découvert que ton propriétaire, ton/ta colloque ou tes voisins n’étaient finalement pas les grands amours de ta vie. Et Bien sûr le REVERS ! ( évènement interschool de folie 🦁💜)
Juin : révisions et examens de fin de semestre. Et Peut-être un déménagement.
Juillet : l’année est terminée. Tu pars travailler en tant qu’ASV ou bien en stage. Ou en Erasmus +.
Rendez-vous en deuxième année. Ou en septembre pour les rattrapages. On ne juge pas.
Tu vois ce qui vient de se passer ?
On est parti de : « OH MON DIEU, SIX ANS À L’ÉTRANGER. » À :« Bon. Pour l’instant, je dois arriver jusqu’aux vacances de décembre. Puis celles d avril, le REVER et c’est déjà la fin de l’année» Et c’est exactement comme cela que l’année va defiler.
Et si je n’arrive pas à parler avec les gens ?
Pour la peur de ne pas réussir à se faire des amis, je te laisse consulter notre article consacré à l’intégration, qui développe justement cette question. Mais concernant la langue, je peux déjà te dire une chose. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Oui, je sais. La citation de mamie. Mais elle fonctionne.
Pour améliorer ta prononciation et ta compréhension, il va falloir parler. Bon je ne te cache pas, au début tu vas peut-être plus développer d’incroyables compétences en mime.
Et c’est OK, je te prendrai dans mon equipe pour un times’UP. Et puis on est en 2026, aujourd’hui tu as également accès à de nombreuses applications de traduction qui fonctionnent même sans connexion Internet.
(Petit Tips : pense à télécharger les langues dont tu as besoin à l’avance avec l’app de google de trad. Très Pratiques.)
D’après mon expérience, les Roumains sont accueillants avec les étrangers et beaucoup essaieront volontiers de t’aider. Si tu viens vers eux avec respect et que tu fais l’effort d’apprendre deux ou trois mots en roumain, cela change déjà énormément les interactions. Ils adorent ça.
Beaucoup de roumains parlent également au moins une langue étrangère : anglais, français ou allemand. Évidemment, ne sois pas naïf ou naïve pour autant. Écoute ton instinct lorsque tu demandes de l’aide à quelqu’un que tu ne connais pas. On est pas à Equestria non plus. ( oui je reste sur la thematique du pays de petit poney au lieu du pays des bisounours )
Personnellement, quand j’ai besoin d’aide dans un endroit que je ne connais pas, j’ai tendance à me tourner vers les familles, notamment les mères avec des enfants, les chauffeurs Uber, les personnes à l’accueil ou les employés des magasins. En générale, c’est les plus safe et ils t’aident sincerement.
Il y a toujours des solutions, tu vas y arriver, ose demander.
Alors avec tout ça, est-ce que tu veux toujours partir ?
Je ne peux pas te promettre que tout va bien se passer. Ce serait un mensonge éhonté de ma part mais je peux te dire que cela vaut le coup, pour te decouvrir toi-même, pour avoir des amitiés fortes, pour élargir ta vision du monde et te renforcer ou t’adoucir en tant que personne.
Je ne peux pas non plus te promettre que tu ne seras jamais triste. Que ta famille ne te manquera pas. Que tu ne te demanderas jamais ce que tu fais ici. Que tu réussiras tous tes examens du premier coup. Que tu ne pleureras ou rageras jamais devant une administration roumaine ou face à une machine à laver cassée ou un cours d’histologie de 284 diapositives. Ce serait te mentir.
Mais avoir peur de partir ne signifie pas forcément que partir est une mauvaise décision. La peur ne devrait pas t’empêcher de realiser ton rêve, ton objectif de vie, ni même guider tes decisions. Mieux vaut prendre ses decisions par amour, par determination que par peur ou crainte de perdre quelque chose nan ? C est à cela que l’on sait que c’est une bonne decision ( de mon humble avis de cardiologue en herbe )
Parfois, cette peur signifie simplement que tu t’apprêtes à faire quelque chose que tu ne connais pas encore, quelque chose qui t’importe. L’inconnue fait peur à tout le monde. C’est légitime et normal.
Et tu n’as pas besoin, aujourd’hui, de savoir si tu seras capable de gérer les six prochaines années.Tu as seulement besoin de gérer la prochaine étape. La première année puis celle d’après. Et encore celle d’après. Step by Step, jeune padawan. On mange un elephant qu’une bouchée à la fois.
Et puis un jour, peut-être en rentrant en France pour les vacances de Décembre ou en regardant les photos de ta première année, tu réaliseras que la personne qui se demandait si elle étaient capable de partir vivre à l’étranger et bah elle l’a finalement fait. Pas sans peur. Pas sans galères. Pas parfaitement. Mais elle l’a fait.
Annonce de ta montre : votre rythme cardiaque est revenu à la normale.
Enfin, jusqu’au prochain examen d’anatomie ou d’histologie.


